Mairie de Paris

Impatient de rencontrer le graphiste, les élèves avaient de nombreuses questions à lui poser : « Est-ce qu’enfant vous vouliez être graphiste ? », « Avez-vous fait des études d’art ? », « Est-ce que vous exercez un autre domaine artistique ? », « Quel est votre mot préféré ? », « Avez-vous une idole ? », « D’où tirez-vous votre inspiration ? »…

Pierre di Sciullo a d’abord expliqué l’origine des affiches de la série N’importenawak. Agacé par les débats du second tour de la présidentielle de 2007, l’artiste a créé ces affiches nous invitant à réfléchir sur le sens des mots et le contexte politique. Lors de la Nuit Blanche 2007, il a collé ces affiches dans Paris.

Baignant dans l’art depuis l’enfance avec un père peintre, Pierre di Sciullo a vite abandonné ses études d’arts appliqués pour se former au contact d’autres graphistes. Il édite depuis 1983 sa revue « Qui ? résiste » dans laquelle il expérimente des procédés littéraires et graphiques. « Touche à tout », inspiré par tout ce qui l’entoure, il admire des artistes comme le dadaïste Kurt Schwitters,  le réalisateur John Cassavetes ou encore la poétesse du XVIe siècle Louise Labé.

Amoureux des mots, surtout de ceux dont il a du mal à se souvenir du sens (roboratif…), Pierre di Sciullo joue avec les lettres, avec les mots, avec les phrases. Il a lu aux élèves certains de ses textes inspirés de l’actualité. Influencé par les slogans de mai 1968, même s’il se considère plus comme un observateur triste du monde plutôt que révolté, il a évoqué certains de ces nouveaux projets, notamment son exposition « Typoéticatrac » au Bel ordinaire à Pau.

Ravis de cette rencontre, les collégiens ont présenté à l’artiste leurs créations inspirées par son travail : invention d’un alphabet, production d’enveloppes, travail sur les lettres en dessin et en sculpture…

Admiratif de ces travaux, l’artiste a invité les élèves à venir visiter son atelier.